
Si vous envisagez une pompe à chaleur air/eau, rien ne change pour l’instant : en novembre 2026, MaPrimeRénov’ par geste la finance toujours, jusqu’à 5 000 euros selon vos revenus, et la prime CEE « Coup de pouce chauffage » reste cumulable. Ce qui bouge, c’est 2027 : le projet de budget prévoit que ce type de travaux ne soit plus financé que par les certificats d’économies d’énergie (CEE).
Le calendrier vient de se préciser. Le mercredi 4 novembre au soir, les députés ont rejeté la partie recettes du budget 2027 par 458 voix contre et aucune pour. Le texte part donc au Sénat, qui l’examine à partir du 20 novembre, dans la version du gouvernement. Le Parlement a jusqu’au 17 décembre à minuit pour se prononcer. Vous avez un devis de chauffagiste sur la table et vous vous demandez s’il faut accélérer, attendre ou changer de méthode ? Voici où en sont les trois aides, et ce que l’artisan doit faire pour que vous les touchiez.
Que prévoit le budget 2027 pour les pompes à chaleur ?
Le projet de loi de finances 2027 recentre MaPrimeRénov’ sur les rénovations d’ampleur et renvoie les travaux « par geste », comme l’installation d’une pompe à chaleur seule, vers les seuls CEE. Selon une analyse de NosParlementaires publiée le 30 octobre, les crédits de l’Anah, qui verse MaPrimeRénov’, passeraient de 1 450 millions d’euros en 2026 à 1 233 millions en 2027, soit 217 millions de moins (environ 15 %).
Rien n’est voté. En commission, les députés de la commission des affaires économiques avaient rendu ces 217 millions à l’Anah, mais la commission des finances a refusé, et le rejet du 4 novembre a mis fin à l’examen en première lecture avant même la partie dépenses. Concrètement, c’est le texte initial du gouvernement que le Sénat va amender. Et si le Parlement ne s’est pas prononcé dans les délais, la Constitution permet au gouvernement d’appliquer son projet par ordonnance.
Pour un particulier, la conséquence est simple : les règles actuelles valent jusqu’à nouvel ordre, et une demande déposée en 2026 suit les conditions de 2026. Pour la suite, mieux vaut raisonner sur des faits que sur des rumeurs de fin d’année.
Quelles aides existent aujourd’hui pour une pompe à chaleur air/eau ?
Trois dispositifs coexistent en novembre 2026, et ils ne se combinent pas tous. Le tableau ci-dessous résume ce que disent les fiches officielles de Service-Public.fr sur MaPrimeRénov’ et sur les primes CEE.
| Aide | Montant | Qui la verse | Cumul |
|---|---|---|---|
| MaPrimeRénov’ par geste | 5 000 € (revenus très modestes), 4 000 € (modestes), 3 000 € (intermédiaires), pour 12 000 € de dépense maximum | L’Anah | Cumulable avec la prime CEE |
| Prime CEE « Coup de pouce chauffage » | Variable : plus de montant fixe depuis le 1er octobre 2025 | Une entreprise signataire de la charte, souvent un fournisseur d’énergie | Cumulable avec MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ |
| Offre intégrée pour les pompes à chaleur | 9 800 € d’aide moyenne par ménage, selon le gouvernement | Six consortiums retenus par l’État, financés par les CEE | Non cumulable avec MaPrimeRénov’ |
L’offre intégrée, lancée le 1er octobre 2026, mérite qu’on s’y arrête. Elle vise le remplacement d’un chauffage au gaz ou au fioul dans une maison individuelle, pour les ménages aux revenus modestes ou très modestes au sens de l’Anah. Elle regroupe l’installation, une électricité à prix fixe pendant 3 ans, un contrat de maintenance d’au moins 3 ans et le financement du reste à charge, qui doit être remboursé en 3 ans, 5 au plus. Elle exclut MaPrimeRénov’ : si vous avez déjà déposé une demande à l’Anah pour les mêmes travaux, elle ne s’applique pas. Avant de choisir, comparez les deux chemins sur le montant total payé, pas sur la seule aide affichée.
Avant même de parler d’aides, vérifiez que l’équipement convient à votre logement : isolation, émetteurs, place pour l’unité extérieure, bruit pour les voisins. Nous avons détaillé ces points dans notre article sur les avantages et inconvénients d’une pompe à chaleur.
Dans quel ordre faire les démarches avec l’artisan ?
L’erreur qui coûte le plus cher n’est pas le choix de l’aide, c’est l’ordre des démarches : un devis signé trop tôt peut suffire à perdre la prime. Pour MaPrimeRénov’ par geste, Service-Public.fr décrit un enchaînement précis. L’artisan, obligatoirement RGE, fait d’abord une visite préalable dont la date doit figurer sur le devis et sur la facture. Vous déposez ensuite la demande en ligne. L’accusé de réception de l’Anah ne vaut pas accord : il autorise seulement à démarrer les travaux. Le devis, lui, se signe une fois la confirmation d’attribution reçue.

Pour la prime CEE, la règle est voisine : la date du devis doit être postérieure à la proposition de l’entreprise signataire que vous avez retenue. Si vous cumulez les deux aides, faites donc établir la proposition CEE avant toute signature. Et depuis le 1er septembre 2026, le « Coup de pouce chauffage » n’est accordé que si le modèle de pompe à chaleur a reçu un agrément de l’État : il doit disposer d’une certification européenne et être fabriqué dans l’Espace économique européen. La liste des modèles agréés a été fixée par un arrêté du 6 octobre 2026. Demandez à l’artisan de vous confirmer, par écrit, que le modèle de son devis y figure.
Les 5 vérifications à faire avant de signer un devis de pompe à chaleur
Un devis de pompe à chaleur se juge sur sa conformité aux conditions des aides autant que sur son prix. Avant de signer, passez-le au crible de ces cinq points, classés du plus bloquant au plus courant.
- La qualification RGE de l’entreprise, valable pour ce type de travaux et à la date du chantier. Sans elle, ni MaPrimeRénov’ ni la prime CEE.
- La date de la visite préalable, inscrite sur le devis. Son absence est un motif de refus classique.
- La référence exacte du modèle, pour vérifier qu’il figure parmi les modèles agréés pour la prime CEE.
- La manière dont les aides sont présentées : une prime CEE peut être déduite de la facture, mais MaPrimeRénov’ n’est jamais garantie avant l’accord de l’Anah. Méfiez-vous d’un devis qui la retranche comme si elle était acquise.
- Le détail des postes : unité extérieure, raccordements, mise en service, évacuation de l’ancienne chaudière. Un forfait global sans détail empêche toute comparaison.
Ces contrôles prennent dix minutes et évitent des mois de litige. Pour le reste, les critères qui permettent de juger un professionnel restent les mêmes que pour tout dépannage : nous les avons rassemblés dans nos 4 critères pour bien choisir votre plombier-chauffagiste.
Pourquoi la fin d’année attire les démarcheurs
Chaque annonce de baisse d’aides nourrit le même argumentaire : « signez avant le 31 décembre, après ce sera fini ». Il est vrai que les règles de 2027 ne sont pas connues, mais personne ne peut aujourd’hui vous garantir ce qui sera supprimé, maintenu ou remplacé. Un vendeur qui vous presse sur cette base vend de l’urgence, pas une pompe à chaleur.
Les signaux d’alerte sont connus : un appel ou une visite que vous n’avez pas sollicités, quelqu’un qui se présente « de la part de l’Anah » ou de France Rénov’ (les administrations ne démarchent pas pour vendre des travaux), un acompte réclamé le jour même, une aide présentée comme couvrant la totalité du prix. Le réflexe est le même que face à un faux couvreur après une tempête : ne rien signer sur le pas de la porte, vérifier l’entreprise et comparer au moins deux devis.
Côté artisans, la période est aussi délicate. La CAPEB a jugé le projet de budget insuffisant pour relancer le bâtiment et défend une bonification par les CEE des travaux écartés de MaPrimeRénov’. Pour un chauffagiste, le bon réflexe est de dater chaque visite, de garder la trace de la proposition CEE et d’expliquer au client l’ordre des démarches : un dossier refusé pour un devis signé trop tôt se retourne toujours contre l’entreprise.
À retenir
- En novembre 2026, MaPrimeRénov’ par geste finance toujours la pompe à chaleur air/eau, de 3 000 à 5 000 € selon les revenus.
- Le projet de budget 2027 prévoit de la financer uniquement par les CEE, mais rien n’est voté : le Sénat examine le texte à partir du 20 novembre.
- On ne signe le devis qu’après l’accord de l’Anah et la proposition de prime CEE, jamais avant.
- Le modèle doit être agréé par l’État pour ouvrir droit au Coup de pouce chauffage depuis le 1er septembre 2026.
Questions fréquentes
Oui. En métropole, le parcours par geste finance toujours la pompe à chaleur air/eau : 5 000 euros pour un ménage aux revenus très modestes, 4 000 euros pour un ménage modeste et 3 000 euros pour un ménage intermédiaire, pour une dépense retenue de 12 000 euros au maximum. Les ménages aux revenus supérieurs n’y ont pas droit. Les travaux doivent être réalisés par une entreprise RGE.
Le projet du gouvernement prévoit de ne plus financer les travaux par geste, comme une pompe à chaleur seule, que par les certificats d’économies d’énergie, et de réserver MaPrimeRénov’ aux rénovations d’ampleur. Le texte n’est pas adopté : l’Assemblée a rejeté la partie recettes le 4 novembre 2026 et le Sénat l’examine à partir du 20 novembre.
Après l’accord des aides, jamais avant. Pour MaPrimeRénov’, Service-Public.fr indique que le devis se signe une fois la confirmation d’attribution de la prime reçue. Pour la prime CEE, la date du devis doit être postérieure à la proposition de l’entreprise signataire retenue. Un devis signé trop tôt peut suffire à faire refuser le dossier.
Il n’est plus fixe depuis le 1er octobre 2025 : il dépend des conditions du marché et de l’entreprise signataire de la charte qui verse la prime, souvent un fournisseur d’énergie. Il faut donc demander plusieurs propositions et les comparer. Depuis le 1er septembre 2026, la prime n’est accordée que pour un modèle de pompe à chaleur agréé par l’État.
Non. Lancée le 1er octobre 2026, l’offre intégrée s’adresse aux propriétaires de maison individuelle aux revenus modestes ou très modestes qui remplacent un chauffage au gaz ou au fioul. Elle n’est pas cumulable avec MaPrimeRénov’ et ne s’applique pas si une demande a déjà été déposée à l’Anah pour les mêmes travaux. Le gouvernement annonce une aide moyenne de 9 800 euros par ménage.